Banané 2019

En cette période traditionnelle de vœux, je vous présente les miens.

Vous constaterez qu’ils restent dans la couleur fashion, très en vogue actuellement,
qui fait tant fureur autour de certains ronds-points.

Certains symboles y ont été subtilement insérés (si, si…), depuis le citron qui attend qu’on le presse, jusqu’à l’ampoule d’éclairage dont la lumière manque parfois cruellement à certains.

Que cette nouvelle année vous apporte le meilleur.


Je ne résiste pas à vous fournir ci-après le texte brillant de l’humoriste Élodie Poux (que vous pouvez retrouver sur internet à l’adresse https://elodiepoux.fr/) qui s’intitule :

« Le paon, l’autruche, et les poulets »

Il y avait une fois en royaume de France
Évoluant aux côtés de ses contemporains
Un banquier jouvenceau oui mais plein d’élégance
Qui de son beau pays se rêvait souverain

Son air benjamin, informel, bien élevé
Plaisait aux citoyens, par la vieillesse lassée
Sa rhétorique désuète et puis tantôt farceuse
Ravissait fort les nobles, et flattait bien la gueuse

Et si jeune notre homme ne l’était qu’à moitié,
Il faut savoir qu’usée, certes, était sa moitié
Car se voulant moderne ne prenant point maîtresse
Il épousa la sienne malgré sa vieillesse

Mais même si la valeur n’attend point les années
Et bien qu’ le jeune banquier ait la gouaille bien aisée
On ne s’improvise point chef d’un grand État
Et bientôt cet enfant, cet angelot remarqua
Que d’un noble ignorant c’est la robe qu’on salue
On n’ l’admira bientôt que d’un étron pas plus

Après l’avoir léché ils le lâchent puis le lynchent
Comme font les hommes souvent gâtés comme des enfants
Jupiter bientôt n’eût pas plus à leurs yeux
que l’aspect fatigué d’une simple corde à nœuds

Mais le jeune banquier, sûr de lui, plein de frime
Pour continuer de plaire à ses chers richissimes
Pressa la populace tant et tant comme citrons
Qu’elle en prit la couleur aussi celle des mignons
Le jeune freluquet tout à ses réjouissances
Ne remarquât même pas la moindre différence

Heureux dans son palais, il est loin du tracas
Sa mégère dépensant son or à tour de bras
Rien n’est pour elle trop beau : vaisselle, tissus, bibelots
Le peuple avait bien faim, elle leur tournait le dos

Ils s’offrirent mieux encore, les rois des animaux
Des daims, ils les appellent ho seigneur qu’ils sont beaux

Et pendant que le peuple assemblé dans les rues
vers son précieux palais plein de rage se rue
Notre jeune banquier à l’égo invincible
Qui de la bourse des pauvres s’était fait une cible
Refuse encore d’entendre le grondement sonore
Comme celui d’une rivière quand de son lit elle sort
Aucun barrage n’y fait si elle est bien dehors

Et les poussins alors se mettent à crier
Empêchant les puissants dans leur couche de ronfler
Mon roi faites les taire, par pitié muselez-les
Ils meurent de faim, ils crient, et nos nuits sont gâchées
Ho sir ! regardez les, leur piètre éducation
Ne leur sert même pas à crever sans un son
Mourrez chichement, dites et mettez la sourdine
Leur râle lorsqu’ils trépassent est une porte qui couine
Ils sont las, ils se tordent, comme ils sont ridicules
Ces illettrés ignobles dans la boue gesticulent

Mes amis n’ayez crainte leur répond le rusé
ils leur arrive parfois un peu fort d’aboyer
Mais ils sont mes moutons, mes agneaux mon troupeau
Ils finiront d’eux mêmes par rentrer bien au chaud

Mais voici maintenant qu’il retournent les carrosses
Et détruisent nos maisons, deviendraient-ils féroces ?

Alors le grand seigneur dans une allocution
Le dos droit bien tendu comme une institution
Les deux mains pleines de doigts bien à plat sur la table
Leur jeta quelques miettes avec un air aimable
Croyant en faisant taire leur petit estomac
Calmer aussi la rage dans leur cœur scélérat

Je ne vous ai pas compris, je ne vous écoutais point
Récita-t-il au peuple qui serrait les poings
A renard endormi rien ne tombe dans la gueule
Retournez au labeur je vous trouve bien veules
Ha vous aimez la rose ? Supportez en l’épine
Mais ne troublez donc point la quiétude citadine
Dans notre ordre social chacun reste à sa place
Vous voulez en changer ? Je vous ris à la face
Cassez, cassez, cassez et nous reconstruirons
Et je vous répondrais d’ la bouche de mes canons

Vous voulez un discours ? Je peux en écrire cent
Je peux même faire en sorte que vous m’aimiez quand j’ ments
Je vous endormirai à grand coup d’entourloupes
Car c’est toute une armée que je garde sous ma coupe
Vous vous fatiguerez et rentrerez aux champs
Bien avant que je tremble pauvres petites gens

Il est vrai que le paon peut oser faire l’autruche
Se pavaner gaîment tout en gâtant sa cruche
Mais si un jour lassée comme le peuple citron
Son armée de poulets abandonne le patron

Alors le jeune souverain saura, bien entendu,
qu’même sur un trône en or, on est bien qu’sur son cul
L’injustice est une graine que plantent les puissants
Et qui pousse sans peine dans les yeux d’ leurs enfants
Elle leur apprend la haine et à serrer les dents
Elle leur fournit le bois, le manche et même la lame
Elle fait durcir leurs muscles et dévore leurs âmes

S’ils perdent des batailles
Ils reviennent à la charge
On les traite en racaille
On s’étonne qu’ils enragent ?

Donnez leur le bâton
Ils relèvent le menton
Opposez leur des chars
Ils reviennent plus tard

Ils se tairont dix ans, vingt ans, trente ans, peut être
Mais toujours la révolte finit par renaître
Regardez en arrière dans notre propre histoire
Car c’est là que se cachent les leçons et l’espoir.

à voir actuellement et très bientôt

Ce début d’année a été particulièrement intense et fécond.

1) L’exposition « Spinalonga, la longue épine de la honte » présentée à Bretteville-sur-Odon en février a connu une fréquentation honorable pendant les 10 jours, avec des visiteurs très intéressés par ce qu’ils découvraient.
Les 2 conférences que j’ai animées ont permis au public présent de mieux connaître l’histoire de ce lieu et des malades qui y ont vécu, mais également d’aborder une partie de l’histoire de la Crète.

2) La finalisation de l’exposition « Du Rouge Garance au Bleu Horizon » avec la réalisation des photos des œuvres pour le catalogue.

3) La préparation d’une exposition intitulée « Clins d’œil de Crète » dont les premiers tirages seront visibles lors des JPO (journées portes ouvertes des artistes) dans l’atelier de CatNat, à Espins (voir plus bas).

3) Et enfin, l’installation de l’exposition « Du Rouge Garance au Bleu Horizon » dans les locaux de la manufacture Bohin, à Saint-Sulpice-sur-Risle, dans le département de l’Orne. Voir ci-dessous

 

« Du Rouge Garance au Bleu Horizon »  

Il s’agit d’une exposition d’Art textile sur le thème de la guerre de 14-18.

Mais qu’est-ce que je fais, moi photographe, dans une expo d’Art textile ?

Tout d’abord je suis le Trésorier de l’Association « Entre les fils » qui est à l’origine de cette expo. Certains d’entre vous ont peut-être entendu parler (ou vu, ce qui serait mieux encore…) des événements précédents de cette association :
Autres Mathide (au Palais Ducal de Caen)
Crins d’Islande (au Haras National du Pin) en 2013
– ou encore Atout Crin, présenté dans le cadre des Jeux Équestres Mondiaux en 2014, au Musée Montebello et à la Mairie de Trouville-sur-Mer.

Pour « Atout Crin » j’avais réalisé deux reportages photographiques en noir et blanc sur la coupe du crin de cheval.

Pour « Du Rouge Garance au Bleu Horizon » nous avons travaillé en binôme avec Catherine Redolfi (présidente de l’association Entre les fils) sur le thème des villages « Morts pour la France ». Douze photos, prises sur les lieux mêmes de ces villages martyrs de la Meuse, ont été retravaillées par Catherine, brodeuse, générant ainsi une interprétation totalement nouvelle de ces lieux. On y ressent la douleur et l’émotion que nous ont provoquées les visites de ces lieux en novembre 2016. Ça c’est pour la partie photographique.

Mais « Du Rouge Garance au Bleu Horizon » ce n’est pas que cela. C’est au total 16 artistes textiles qui ont travaillé pendant plus de 2 ans pour présenter des œuvres surprenantes, émouvantes et belles, sur des thèmes que nous leur avions confiés.
Ainsi, Mata-Hari, les marraines de guerre, la couverture du soldat, les bleuets et les coquelicots, le pantalon rouge, le fil de fer barbelé, et d’autres encore, sont passés par les mains expertes de ces artistes de talent qui ont su interpréter à leur manière ces thèmes parfois difficiles pour en faire des œuvres d’art uniques et magnifiques.

L’exposition est ouverte du 21 avril au 29 juillet 2018, du mardi au vendredi de 10h à 18h (fermé le mardi 1er mai), et les samedi et dimanche et jours fériés de 14h à 18h (entrée payante).

Sachez également que des visites guidées sont organisées. Voir le flyer ci-dessous :

Un léger aperçu de ce que vous pourrez trouver dans cette exposition :

        

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour vous faire une idée plus précise voilà un extrait de l’émission LOCB (Là Où Ça Bouge) diffusée sur France 3 Normandie le mercredi 25 avril 2018 :

Les JPO (Journées Portes Ouvertes) des ateliers d’artistes

CATNAT ayant eu la gentillesse de m’inviter à partager son atelier à Espins (près de Thury-Harcourt) pendant ces 2 jours, j’aurai le plaisir de présenter les premières photos de la nouvelle série intitulée « Clins d’œil de Crète ».
Il s’agit de photos couleur fonctionnant sur le principe de diptyques ou de triptyques, pour des images qui se répondent, se rejoignent, se complètent, selon un thème commun, une couleur commune ou un élément similaire.

D’autres photographies récentes seront visibles également, mais je ne vous en dis pas plus, il faudra venir voir sur place…

A très bientôt

Jean-Pascal