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Crète 2016

Si la méditerranée m’a toujours attiré, la Grèce tient une place à part dans mon cœur, et la Crète inévitablement.
Les gens y sont très accueillants, les paysages magnifiques, et en se débrouillant bien (saison, lieux…) on arrive à échapper au flot des touristes.
La vie est très difficile à l’heure actuelle en Grèce, et même si en Crète c’est un peu moins dur du fait de la vie plus rurale, il n’en reste pas moins vrai que le peuple crétois souffre beaucoup. Alors quand je vois des touristes négocier le prix d’une chambre déjà peu chère, cela me fait penser qu’on ne peut pas tondre un œuf et que les privilégiés ne reculent devant rien, jamais. Alors toute mon empathie va à ce peuple qui ne se plaint jamais, bien qu’il ait depuis plus de 400 ans subit bien des souffrances.

Je vais mettre en ligne ces prochaines semaines, plusieurs galeries sur la Crète.
La première d’entre elles est sur Spinalonga, l’île des lépreux, dont la romancière britannique Victoria Hislop a tiré un livre intitulé “L’île des oubliés”.

La seconde galerie “crétoise” traite de quelques ports de Crète : elle est ICI.

 

Spinalonga

Ou, l’île des lépreux.

De 1903 à 1957 des milliers de lépreux ont vécu sur cette île, et bon nombre d’entre eux y sont morts. Tous ont participé à la rénovation du fort, à la construction des différents bâtiments d’habitation, des magasins et aussi de l’hôpital, et ce dans des conditions très difficiles.

Ce lieu fantomatique est très émouvant, mais n’est pas restauré comme il le devrait. Par “restauration” je n’entends pas reconstruction, mais simplement consolidation de ce qui reste pour éviter que tout ce lieu de mémoire ne tombe définitivement en ruines. Car Spinalonga a fait l’objet de reconstruction : la rue commerçante a été en partie refaite, et les quelques maisons y servent désormais de musée. C’est bien, mais grandement insuffisant, le reste s’écroule petit à petit.

De plus, l’histoire qui tend à devenir officielle désormais est celle véhiculée par le roman de Victoria Hislop, dans lequel les lépreux n’avaient pas une vie si difficile que cela sur cette île. Or, ils y étaient pourtant déportés ! Et il suffit de lire quelques récits (celui d’Epaminondas Remoundakis (*), jeune étudiant déporté sur l’île alors qu’il venait d’être atteint de cette terrible maladie, ou celui de Victor Zorbas qui fut guide sur Spinalonga pendant de nombreuses années) pour se rendre compte que la réalité était toute autre, et qu’il a fallu à ces exclus, à ces parias, une volonté et une détermination hors du commun pour simplement survivre presque dignement.
Étrangement le petit musée de Spinalonga ne parle que très peu de la condition des lépreux déportés sur l’île…

Si vous vous rendez sur Spinalonga essayez de garder à l’esprit les souffrances que les malades (jeunes enfants, adultes, et vieillards) ont enduré, privés de leur famille et de tout contact physique avec le monde extérieur.

J’ai fais 3 visites à Spinalonga, la première il y a environ 20 ans, la seconde il y a 7 ans et la dernière en juin 2016. A moins d’apprendre que des travaux de conservation ont enfin été entrepris, je ne pense pas y retourner. Je tiens à conserver dans ma mémoire ces lieux tels que je les ai découverts et aimés.

La galerie

 

(*) “Vies et morts d’un Crétois lépreux” par Epaminondas Remoundakis, traduit par Maurice Born et Marianne Gabriel, éditions Anacharsis