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Les Stivanias

Dis monsieur, c’est quoi les “Stivanias” ?

Ce sont les bottes traditionnelles crétoises, portées par les bergers et les paysans Crétois depuis fort longtemps.
Ces bottes servent également aux cavaliers et sont extrêmement résistantes (tout comme les Crétois, d’ailleurs…). Elles sont faites pour durer toute une vie, et nous en avons vu quelques paires qui d’extérieur ont l’air assez défraîchies, mais font toujours le bonheur de leur propriétaire.

Les quelques bottiers qui maîtrisent encore leur fabrication ne sont plus très nombreux, hélas, mais leur savoir-faire leur permet d’exporter leur production jusqu’en Californie. Au moins pour celui que nous avons rencontré et grâce à qui nous avons pu découvrir la fabrication de ces magnifiques bottes.

Ce bottier c’est Georges Brentzos (Γεώργιοϛ Βρέντζοϛ), que nous avons rencontré dans son atelier à Anogeia, en Crète en septembre dernier.

Quelques points sur la méthode de fabrication

La botte est faite sur mesure, et tout est fait à la main.

La semelle est en bois, le cuir utilisé est d’agneau pour l’intérieur et de veau pour l’extérieur.

La tige comprend donc deux types de cuirs, et elle est rivetée (rivets en bois) et collée sur la semelle. Les rivets sont limés par l’intérieur, une semelle intérieure est posée. Des patins caoutchoutés sont collés sur le dessous de la semelle et du talon. Le tout est ensuite cloué sut la semelle en bois. Ça ne risque pas de se défaire, vu le nombre de clous posés…
Si les bottes servent quotidiennement il faudra changer ces patins tous les 6 ou 8 mois, c’est tout.

Vient ensuite la particularité de forme des “stivanias” : leur tige est pliée. Pour cela la tige trempe dans l’eau pendant 1 journée afin de ramollir le cuir, des embossoirs sont placés à l’intérieur de la tige pour lui en conserver sa forme. Ensuite le milieu de la tige est descendu vers le pied pour lui donner la forme de quelques plis, qui vont contribuer au confort de la botte.

Pour faire une telle paire de bottes il faut compter une dizaine de jours et cela coûte entre 200 et 280 € la paire. Mais c’est pour la vie !

Évidemment Georges ne nous a pas tout dévoilé de ses techniques, et je n’étais pas là pour ça non plus.

Voilà, en une quinzaine de photos, le reportage que j’ai fait dans sa boutique.

Une conférence et une exposition

L’année 2017 commence de la meilleure façon, car un projet sur lequel je travaille depuis plusieurs mois va se concrétiser.

En effet, depuis la fin de l’été je prépare une conférence sur l’île de Spinalonga, en Crète, son histoire, et surtout sur les gens qui y ont vécu pendant 54 ans, avant qu’elle ne soit abandonnée.

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Cet île, ou plutôt cet îlot rocheux aride, a en effet servi de lieu de déportation pour des centaines de lépreux crétois, puis grecs, entre 1903 et 1957. Ce sont des conditions de vie de ces malades bannis, isolés du monde des gens sains, dont je parle dans cette conférence.

  • La conférence aura lieu le samedi 4 février 2017 dans les locaux de la Maison de Quartier de Venoix, 18 avenue des Chevaliers à Caen, à 18 heures.

Et puis, en liaison avec la conférence, je vais montrer des photos de ce lieu poignant. Des photos en noir et blanc, car pour moi l’absence de couleurs dans ces photos permet de mieux ressentir la détresse, la douleur des malades.

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  • L’exposition sera visible du 24 janvier au 4 février 2017, toujours dans les locaux de la Maison de Quartier de Venoix.

Une page est consacrée à cet événement sur ce site, dans le menu “Travaux divers”.

Je tiens à remercier les membres du Conseil d’administration de l’association “Contacts Franco-Grecs” qui m’ont fait confiance et m’ont aidé financièrement pour la préparation de l’exposition.

 

Jean-Pascal